Le Poème Des Chimères Étranglées – CXL

Tristan Derème

C’est dimanche. Réglons les comptes de ce cœur.
Rideaux jaunes et noirs, quel funèbre décor !

Tu n’es plus là. J’ai lu Delille et l’Annuaire
Des Téléphones, pour ne plus songer à tes Sanglots ; mais je voyais tes larmes et restais
Des heures, les yeux clos, trop habile à me nuire,

À remuer ma peine au lieu de l’endormir
Et mâchant ma douleur comme un fruit trop amer.

Tristan Derème, La Verdure Dorée, 1921.